La comparaison entre efforts intermittents (HIIT) et jeux réduits (SSG) est aujourd’hui au cœur des débats modernes de l’entraînement. Pourtant, leur impact réel sur la fatigue neuromusculaire et la cinétique de récupération reste peu documenté chez les jeunes footballeurs élites. Raphael Scalera et Steevy Reinhold, préparateurs physiques en formation à l’université Lyon 1 (sous la direction du préparateur physique d’Haïti à la Coupe du monde, Alexandre Dellal), ont donc soumis dix U17 nationaux du FC Annecy à deux séances, séparées d’une semaine : un protocole HIIT (10’’/10’’) et un SSG (3 contre 3 avec gardien). Les trois chercheurs ont ensuite mesuré la fatigue neuromusculaire à quatre reprises (avant, immédiatement après, à J+1 et à J+2) grâce au dispositif Myocène. Pour quels résultats ? "Les deux génèrent une fatigue immédiate comparable, mais la cinétique de récupération est clairement différente", indiquent les chercheurs qui ont constaté qu’à 48 heures les trajectoires divergent. Alors que le jeu réduit permet une récupération neuromusculaire complète à J+2, le HIIT, lui, laisse persister une fatigue résiduelle significative et accentue l'écart de récupération entre jambe forte et jambe faible à J+1 et J+2. "Ces deux méthodes n’ont pas la même place dans le microcycle et cela doit guider les choix de l’entraîneur au fil de la semaine", soulignent les PA. Un constat aux implications directes pour la périodisation dans lequel le HIIT trouverait davantage sa place en début de semaine, loin du match, quand les jeux réduits offrent une plus grande souplesse de placement.
