Nice, Paris, Auxerre… De nombreux clubs se sont dotés de Myocene, un équipement qui change la donne pour la gestion de la charge et la prévention des blessures. Explications.
"Le joueur s’assoit ; trois électrodes sont placées sur chaque jambe ; l’outil est connecté à l’ordinateur et la mesure démarre. Des impulsions électriques à faible, moyenne et haute intensité provoquent la contraction du muscle. Après 90 secondes, on obtient un indice. Rien de plus simple". Aurélien Denotti, responsable performance de l’AJ Auxerre, utilise Myocene deux fois par semaine depuis cette saison. Myocene ? Un appareil de haute technologie qui infuse actuellement dans bon nombre de structures d’élite, quel que soit le sport. Sa vocation ? Mesurer objectivement la fatigue musculaire en vue de préserver le potentiel des athlètes et d’optimiser la prévention des blessures.
Aurélien Denotti (AJA) : "Un outil fiable qui permet d’orienter la participation du joueur à la séance"
"C’est le coach, Christophe Pélissier, qui m’en a parlé. En me renseignant, j’ai vu que des clubs comme Nice ou Paris l’utilisaient déjà. On a donc décidé de l’essayer, en complément de ce que nous avions déjà mis en place pour le suivi des joueurs". À l’AJA, l’outil s’est rapidement imposé dans le quotidien des joueurs. Auprès du staff, il agit comme une véritable aide à la décision sur des situations sensibles : retours de blessure, alertes médicales ou états de fatigue identifiés à l’instant T. "C’est un outil extrêmement fiable qui permet d’orienter la participation du joueur à la séance, d’aménager la charge", poursuit Aurélien Denotti.

Même son de cloche 300 kilomètres plus au sud, à Lyon, où le LOU Rugby cherchait lui aussi à objectiver le ressenti des joueurs. "L’humeur fausse parfois la donnée, souligne Pierre Sagot, responsable performance du club rhodanien. À part les tests CPK (prise de sang pour évaluer le taux de créatine phosphokinase, ndlr) qui s’avèrent astreignants et coûteux, on n’avait pas vraiment d’alternative. Jusqu’à ce qu’on découvre Myocene." L’écurie du Top 14 en a acheté trois cette saison, afin d’aider les six préparateurs physiques à mieux accompagner la quarantaine de rugbymen sous leurs ordres. « Tous les joueurs peuvent être testés en seulement trente minutes. C’est peu contraignant et facile à mettre en place."
Martin Buchheit (Aspetar) : "Contrairement aux tests de saut ou de force maximale sur plateforme, aucun effort volontaire est demandé au joueur"
Derrière cette apparente simplicité se cache pourtant un principe physiologique solide, que détaille Martin Buchheit, ancien responsable performance du LOSC et du PSG, aujourd’hui en poste à la clinique Aspetar de Doha : "On sait qu’un muscle frais répond de manière similaire aux stimulations électriques à haute et basse fréquence, tandis qu’un muscle fatigué continue de répondre à la haute fréquence mais beaucoup moins à la basse..." C’est précisément ce que mesure Myocene. Au Qatar, où près de 200 athlètes sont accueillis chaque jour, le scientifique utilise cet outil de manière ciblée, essentiellement en rééducation, avec pour objectif de suivre la tolérance à la charge au fil des séances et de la réathlétisation. "Contrairement aux tests de saut ou de force maximale sur plateforme, aucun effort volontaire n’est demandé ici au joueur. C’est de la pure physiologie musculaire, sans interprétation subjective. La mesure est robuste, rapide et répétée plusieurs fois par jour si besoin. Si la séance du matin a eu un impact trop important et que le joueur n’a pas récupéré avant la séance de force de l’après-midi, on adapte en affinant la charge."

En club : ajuster ses séances et optimiser l'état de forme
A Auxerre, les mesures sont effectuées deux fois par semaine. "À J+2, après un jour off, on veut savoir comment le joueur revient en début de semaine", explique Aurélien Denotti. "S’il se montre en dessous de son niveau de base, on aménage sa séance, on augmente les temps de récupération ou on décale la reprise le cas échéant pour préserver son capital de forme". Une deuxième mesure est réalisée cette fois-ci à J-2 en vue d’ajuster la charge sur la fin de semaine et ainsi optimiser l’état de forme du groupe à la veille de la compétition. Et éviter les blessures ! Ce que rappelle Pierre Sagot : "C’est une pièce de plus dans notre puzzle pour orienter le travail individuel, la force, la vitesse et la charge de travail. Cela nous a permis par exemple de modifier l’organisation de certains débuts de semaine après des matchs disputés sur terrains gras. On constatait régulièrement qu’une dizaine de joueurs se retrouvaient dans une zone critique de fatigue".
Actuellement sans équivalent sur le marché
Le responsable performance du LOU souligne également l’adhésion unanime des rugbymen. "Ils s’y intéressent beaucoup et se mettent parfois en autogestion. Le test s’intègre naturellement au début de la journée". Un autre atout, partagé par les trois techniciens, réside dans la compacité de l’outil. Sa taille et son poids permettent de l’emporter facilement en stage ou en déplacement. C’est ce qui s’appelle faire l’unanimité. "Il n’existe aujourd’hui aucun équivalent permettant d’obtenir une mesure aussi objective sans effort volontaire, fait remarquer Martin Buchheit. On observe des asymétries marquées sur la mesure du quadriceps, qui est un excellent proxy de l’état global du membre inférieur. Et Aurélien Denotti de conclure : "Au vu des corrélations que nous observons entre les perceptions des joueurs et les tests médicaux, Myocene est un outil fiable, pratique et donc très intéressant pour n’importe quel club".

"Nous n’en sommes qu’aux prémices de ce que cet outil peut apporter"
3 questions à… Alexandre Dellal, préparateur physique de la sélection d'Haïti.
Depuis combien de temps utilisez-vous Myocene dans le suivi de vos athlètes ?
Depuis plus de trois ans. J'ai connu toutes les étapes de développement du produit et, entre la V1 et la version actuelle, ils l’ont vraiment fait évoluer de manière spectaculaire. Aujourd'hui, l'appareil est portable, solide, hyper pratique et offre un gain de temps important grâce à la mesure simultanée des deux jambes et à la facilité de positionnement des capteurs. Myocene a réussi à rendre l’analyse neuromusculaire par électrostimulation - une méthode complexe - stable, fiable et surtout accessible à tous les staffs.
Concrètement, comment intégrez-vous cet outil dans votre quotidien ?
C’est de l’analyse neuromusculaire pure que j'utilise, sur trois axes :
- la réathlétisation : c'est précieux pour orienter le contenu des séances ;
- le suivi post-match : j'aime l'utiliser à J+2 et J+3 pour observer la fatigue et l’évolution de la récupération en complément d'autres indicateurs de la charge interne et externe ;
- la prévention et la performance : l'outil permet d'étudier l'état de fatigue du joueur à J-1 ou J-2 du match et donc de pouvoir alerter le staff ou valider un état de fraîcheur. De quoi affiner la gestion de la charge.
Recommanderiez-vous cet outil aux entraîneurs et préparateurs physiques ?
Oui, sans hésiter. Obtenir un état des lieux aussi poussé en quelques secondes est une avancée majeure pour la prévention et la performance. Cela représente une aide à la décision indispensable dans un environnement de haut niveau et nous n’en sommes qu’aux prémices de ce que cet outil peut apporter. C'est d'ailleurs pour cela que nous avons mis en place des protocoles de recherche avec les étudiants du Master 2 "EOPS" au sein de leur club du FC Annecy (Ligue 2) et de l'AS Saint-Priest (National 2) pour aller encore plus loin dans son usage.

Un engouement qui dépasse les frontières
La technologie de Myocene séduit également des acteurs majeurs du sport de haut niveau internationaux. En football, des clubs comme Crystal Palace en Premier League ou le Sporting Braga au Portugal, ont intégré l’appareil à leurs process de suivi. Ce dernier continue aussi de s’implanter dans des disciplines où la gestion fine de la charge et de la récupération est stratégique : rugby (LOU), basket-ball (Monaco Basket, franchises NBA…), sélection de handball ou cyclisme. Outre-Atlantique, l’outil est également utilisé par Ohio State Football, champion en titre en football américain. Myocene suscite également un fort intérêt dans le monde académique et est utilisé dans plusieurs universités et centres de recherche pour des études terrain et des travaux scientifiques, notamment à Saint-Étienne, Poitiers, Besançon, Lausanne ou Liège, confirmant son potentiel à la fois opérationnel et scientifique.
-> Pour avoir plus d'information sur Myocene, rendez-vous ICI
Fréquentes, impactantes, les lésions musculaires sont les cauchemars des coachs amateurs. Philippe De Smet, le "doc" du HAC détaille les premières mesures à prendre.
Dans quel but ? Sous quelle forme ? A quel moment ? Anaël Aubry, sport scientist et entraîneur d’athlètes olympiques répond à toutes les questions sur la récupération active.

Le préparateur physique du Mali et de l'ASEC Mimosas (Côte d'Ivoire), Alexandre Coppolani, partage cinq vidéos d'exercices d'échauffement qu'il affectionne particulièrement.

