Chez les professionnels, les défenseurs et les milieux (ici Laurent Abergel, de l'OGC Nice) sont les plus exposés aux LCA / ©Icon Sport

 Les ruptures du ligament croisé antérieur (LCA) sont la hantise de tout footballeur. Une vaste étude prospective publiée en août 2026 dans Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy, issue du registre officiel allemand (ACL Registry in German Football), apporte des données inédites sur 742 cas recensés entre 2016 et 2022 et répartis entre professionnels (172), semi-professionnels (316) et amateurs (254). Les résultats révèlent des différences majeures selon le poste et le niveau de pratique.

 

Les défenseurs et milieux les plus exposés chez les pros

Premier enseignement ? En compétition professionnelle, ce sont les défenseurs (0,397 blessure pour 1 000 heures de jeu) et les milieux de terrain (0,370) qui présentent le risque le plus élevé, "conséquence directe de la forte densité de duels et des changements de direction répétés dans leurs zones d'intervention". Les attaquants, eux, affichent une incidence plus faible, mais paient le prix fort après leur blessure. Selon les chercheurs, 47,5 % d'entre eux chutent de niveau dans les trois ans suivant leur retour, la faute à une perte d'explosivité fatale sur les premiers mètres face au but. Les gardiens ne sont pas épargnés non plus puisque 54,5 % connaissent le même déclassement post-blessure.

 

Un mécanisme radicalement différent selon le niveau

C'est l'un des enseignements les plus frappants de l'étude : le mécanisme de blessure varie considérablement selon le niveau de pratique. Chez les professionnels, le contact direct est la cause principale et 66,7 % des ruptures chez les attaquants et 46,2 % chez les défenseurs surviennent lors de chocs ou de duels aériens. À l'inverse, chez les amateurs, les blessures sans contact dominent largement à tous les postes, entre mauvais appuis, décélérations mal contrôlées ou fatigue musculaire… Des résultats éclairants, qui impliquent un travail de prévention et une vigilance accrue sur ces thématiques pour les coachs.

 

-> A (re)voir aussi : Ligaments croisés : pourquoi les femmes se blessent-elles davantage ?