Le verdict des chiffres est sans appel. D'après une enquête publiée par L'Équipe, la technique dite du "stop-start" en Angleterre ou de la "paradinha" au Brésil connaît un sérieux revers d'efficacité durant cette Coupe du monde 2026. Sur les 60 premiers penalties du tournoi (tirs au but inclus), 19 ont été frappés après un temps d'arrêt ou un ralentissement destiné à fixer le gardien. Résultat ? Un taux de réussite famélique de 53 %, bien loin des 70 % obtenus via une course linéaire traditionnelle (et des 79 % d’Expected Goals). Dans le quotidien français, Christophe Lollichon, l’entraîneur des gardiens de Dunkerque, explique cet échec par la préparation et l'adaptation des portiers : "Le tireur fait ça pour faire partir le gardien d’un côté et frapper de l’autre, mais on peut trouver un remède en lui donnant une fausse information. Il s’agit d’inverser les rôles et de tromper celui qui veut vous tromper". À l'instar du portier paraguayen Orlando Gill face à Kai Havertz, les gardiens refusent désormais de déclencher leur plongeon en amont. En restant fermes sur leurs appuis, ils forcent le tireur à choisir sa cible au tout dernier moment. Or, le fait de couper son élan réduit mécaniquement la vitesse et les frappes manquent de puissance. Comme le rappelle Ben Lyttleton, auteur de l'ouvrage de référence "Onze mètres", cette méthode requiert "une maîtrise technique et nerveuse absolue, incarnée par des joueurs d’exception comme Neymar ou Bruno Fernandes". Un rappel que le penalty reste un geste technique à part entière, où la simplicité demeure souvent la meilleure garantie de succès.
Contre le Maroc (2-0), Kylian Mbappé a manqué son penalty après une prise d'élan marquée par un arrêt brutal en plein milieu, afin de feinter le portier / ©Icon Sport