"Une chorégraphie" ! Les suiveurs de la D1 ont souvent eu cette impression en observant le FC Nantes de Jean-Claude Suaudeau, notamment lors de la saison 1994-1995… Dans l’ouvrage que le journaliste de France TV, Fabien Lévêque, a consacré à cette équipe (La belle équipe, éditions Amphora), Christian Karembeu revient sur cette obsession du jeu collectif : "Il fallait mémoriser les actions pour en faire quelque chose d’automatique". Pour y parvenir, "Coco" emmenait régulièrement ses joueurs s’entraîner dans la fameuse fosse de la Jonelière : un terrain fermé, entouré de murs en béton, où la consigne était claire : jouer sans que le ballon ne touche le sol. L’objectif ? Faciliter la coordination collective et apprendre à jouer dans les petits espaces, à travers des exercices en 5 contre 5 ou 6 contre 6, afin de mieux se démarquer, anticiper et tendre vers un jeu le plus instinctif possible. "Au lieu de faire dix passes, faites-en trois. Mais pas n’importe lesquelles", martelait le technicien nantais, double champion de France (1983 et 1995) et dont la philosophie collective tenait en une formule devenue culte : "Le jeu avant le je" ! Une idée parfaitement incarnée par le but de Patrice Loko au Parc des Princes, conclu par un une-deux aérien avec Reynald Pedros. Un mouvement "répété des dizaines de fois dans la fosse", confiera Jean-Claude Suaudeau. Une méthode si marquante qu’elle inspirera même un autre monument du banc français, Guy Roux, qui en fera construire une à Auxerre. Et qui marqua les anciens canaris à vie.
Christian Karembeu : Avec Claude Suaudeau, au FC Nantes, "il fallait mémoriser les actions pour en faire quelque chose d’automatique" / ©Icon Sport