Mais comment ça s’est passé ? Comment une idée aussi absurde a-t-elle pu germer ? Donc, si on résume ce dont on ignore tout, la décision a dû être prise dans un bureau mal ventilé de l’International Board à Zurich ou, plus probablement dans les vapeurs d’un apéro trop poussé. Un type a dit : « Eh les gars j’ai une idée, et si maintenant les arbitres de touches signalaient les hors-jeux, mais une fois seulement l’action terminée ? » avant de livrer le fond de sa pensée « Et qui c’est qui a caché la bouteille de Calva ? ». Indignés, les autres participants ont dû répondre : « Elle est finie la bouteille, y’a qu’à en ouvrir une autre ! Et pour le reste, c’est vrai que c’est une bonne idée, on a qu’à faire comme ça » Plus sérieusement, cette décision insensée de ne pas prendre de décision immédiate acte le fait que ceux qui décident de l’évolution des règles aiment le football (du moins on l’espère) mais certainement pas les footballeurs. Sinon comment expliquer qu’ils les envoient au feu sans aucune considération pour les risques inutiles qu’ils leur font prendre dans les duels les plus engagés que le jeu puisse produire : « 1 contre 1 » face au gardien, attaquant poursuivi par un défenseur persuadé qu’il doit sauver la patrie, ballon à convertir en plein cœur de la mêlée après un centre, toutes ces actions se rejoignent sur la notion d’intensité maximale. Avec comme il se doit les périls attenants.
Combien de genoux faudra-t-il sacrifier, combien de traumatismes seront nécessaires pour qu’enfin cesse cette pitrerie ?
Combien de genoux faudra-t-il sacrifier, combien de carrières se sont-elles déjà évanouies et s’évanouiront encore, combien de chocs frontaux, de traumatismes et de tacles par derrière seront nécessaires pour qu’enfin cesse cette pitrerie ? Outre le fait qu’il faut ne jamais avoir joué au football pour oser proposer et faire perdurer la décision, la mesure indigne du simple fait qu’elle substitue et privilégie le confort des arbitres de football à l’intégrité physique de ceux qui le pratiquent. Le propos n’entend pas adresser un carton rouge aux hommes en noir et encore moins dresser ceux qui ont numéro dans le dos contre ceux qui ont le sifflet à la bouche, simplement rappeler à la congrégation des législateurs du jeu que se tromper au nom d’une idée fausse n’a rien d’infamant dès lors qu’elle entendait initialement servir le jeu mais qu’insister en vertu d’intérêts contestables serait parfaitement criminel.